vendredi 13 avril 2007

La poubelle c’est la fosse commune des ordures. Le tri sélectif, c’est comme un caveau de famille.


Mesdames et Messieurs les boites d’archives périmées, papiers et autres cartons,
Je suis ravie de vous accueillir ce soir pour notre soirée bordereau d’élimination. Vous allez bientôt découvrir le classement, ainsi que les heureux gagnants de notre jeu concours.
Dans un coin de la salle, 2 boites blanches discutent fermement :
« Je ne voulais pas venir, tu sais bien que nous allons être les dernières, nous sommes trop vieilles pour toutes ces bêtises. Et puis d’habitude nous sommes avec les épluchures de pommes de terre.»
« Allez ne sois pas rabat-joie. Si nous sommes périmées nous avons nos chances de partir, si l’archiviste a fait correctement son boulot. En plus nous rencontrerons d’autres gens comme des cartons de yaourts. J’ai toujours rêvé de faire la connaissance d’un beau journal…»
Et voici maintenant l’heure tant attendu. J’appelle dans le local des éliminations les deux boites blanches là bas. Mesdames vous êtes arrivées en fin de vie, vous pouvez quitter les archives publiques. Car les derniers sont forcément les premiers au jeu des éliminations. Mesdames vous avez gagné un séjour au pilon. Vous allez être broyées, mouillées, malaxées et enfin recyclées. Jeunes de cette expérience une nouvelle vie va s’offrir à vous, profitez-en mesdames. Peut-être allez vous changer de vie, feuille de papier, carton ou encore essuie-tout, papier hygiénique vous allez avoir l’embarras du choix !!

Pour les autres, un lot de consolation, si tout le monde tri correctement, vous aussi vous aurez le droit à une nouvelle vie recyclée.

vendredi 6 avril 2007

Quand vient le temps…

Ca y est le vent s’est levé, tout est en mouvement, c’est le printemps. Les emplois ont muté, les meubles vont s’envoler, une nouvelle vie à instaurer. Rien n’est immuable, sauf la nostalgie. Tout est sables mouvants excepté les souvenirs. Même ces rocs s’érodent au fil du temps. Je souhaite juste que la pluie du nord n’entame pas nos rêves, que le froid et la grisaille n’atteignent pas nos cœurs. Oui j’ai peur de tout ce qui est en train d’arriver. Effrayée par le changement, tétanisée par tout ce qui va être bousculé dans nos vies. Le ronron métro-boulot-dodo est tellement rassurant, qui irait se jeter la tête la première dans l’inconnue ? Et si tout cela me rendait différente ? Et si c’était simplement de vieillir qui me faisait flipper ? Si le simple fait d’avoir plus de responsabilité, d’assumer la vie à deux , si c’était juste ça. Vieillir. 25 ans et penser déjà aux rides, aux petits enfants et à la retraite. Vieillir, et mourir. Seule. Ou avec des chats alors, au moins ça sera plus rapide.