samedi 17 mars 2007

Le métroscope


Tôt dans le métro les gens paraissent leur âge, portent leurs soucis, transpirent la nuit qu’ils ont passée. Le métro est un fabuleux terrain d’observation : les femmes qui ne veulent pas vieillir avec leurs jupes trop courtes et les talons à vous casser le col du fémur. Ces jeunes filles qui veulent faire adulte avec leur maquillage poussé et leurs attitudes de femmes fatales dont elles n’ont pas la maturité. Oui c’est un terrain de jeu. Passer d’un visage à l’autre imaginant le passé de celle là, la voix ou la personnalité de celui-ci...Mais ce qui choque dans le métro c’est l’absence de parole, de communication, de sourire : d’humanité. Tous des automates tentant de séduire par des accessoires et non par le regard. Reflet d’une population léthargique.

mercredi 7 mars 2007

Dilettante de 10h37 à 17h31

Voici une conversation qui s'est déroulée pendant une réunion. Quand l'ordinateur wi-fi, remplace les billets en papier que l'on se fait passer en classe.
Pour des raisons évidentes j'ai modifié les prénoms. En ce qui concerne les villes je ne pouvais pas les intervertir...Les fans de foot me comprendront.

Qu'est ce qu'on s'amuse...Un planning fun,isn’it?
Oui oui
Espérons que ça tienne ce planning Marcy, Mornant ça pourrait être sympa Mais bon...
Pourvu que la CCPA ne plaise pas à Martine
Bah alors on parle pas de mon éventuel départ?
Oué et puis ça tourne en rond un peu tout ça
Coucou maître Charles sur un arbre perché
Salut Valenciennes ! A table ?
J’ai faim
Qui va bosser en avril ? Pas Charlie mais ses drôles de dames
Qu'est ce que tu dis Bosley?
On n'est pas sortis de l'auberge...On est là jusqu'à 18h!
C'est sûr!!
Bon que les maris les femmes et les enfants n'attendent pas
Aie aie elle aurait pu lire avant que l'on travaille dessus, non?
Un mauvais point
On peut pas noter notre chef de service?
Et les petits fours ? Et les boissons chaudes ?
Bah oui c'est pas toujours les voeux du président mon cher corbeau..
Un peu de camembert?
Un fantasme : la perche, le corbeau...
La perche?
Je nous trouve très dissipés...
Bah oui mais bon c'est un sujet que l'on connaît quelque part du coup c'est pas très motivant :
Oui enfin tout ça ça donne soif
Il y avait du vin à midi
Moi je pensais café ou chocolat viennois ou irish coffee....MMMMMMMMM Irlande
Je me demande si Martine se doute de notre ...concentration terrible
Je pense pas, on joue super bien la comédie, nous sommes trop fortes nous les femmes on arrive à suivre la réunion et dire des bêtises!! :p
Chacun ses références
Désir d'ailleurs, très bon bouquin!!
Conditionnés en chemise et ...sans pantalon...
Cette après midi nous irons ronfler en chemise et sans pantalon...
Tu vois il ne faut pas boire, c'est tragique
Je crois que je vais finir par éclater (de rire bien sur)
J'en hoquette de bonheur!!Ou d'horreur?
Merci Salma, merci...
Saint-Etienne se rebiffe
LACHEUR
Il a de la chance Charles, il a pu s'échapper pour aller rire tranquille...Si je demande à aller voir Légolas, tu crois qu'elle va me laisser partir?
Oui c'est un lâcheur, allez on bâillonne Martine Ou on lui offre un café aux tranquillisants Et hop on va rigoler avec Légolas :p
On le fera payer à monsieur Charles jeudi...
En plus c'est la journée de la femme : alors petit déjeuner offert, massage des pieds, port des boites, dialogue avec miss Cruella...Autre chose, une suggestion?
On boira notre Champagne sous son nez...
Oui!!!!! Et on chantera à tue tête, et on l'enverra discuter avec la petite dame fan de l'OL...Qu'est ce que je peux être diabolique hihihihihi
Moi je suis au bord du meurtre si monsieur kiki rikiki qui s'est défilé, continu à faire le malin...
KIKI, vous avez dit KIKI ? Gros ou petit ?
Faut apprendre à lire volatile croassant...
kiki rikiki? Ouh là, tu vas le fâcher...
HUMPF je vais finir par éclater de rire
Tu sais ce qu'il te répond, le volatile croassant ?
mmm?
Presque, sauf qu'il est poli
OUH làlà la volaille se rebiffe
Une corde, qui a une corde?
Un coup de grippe aviaire et ça va le calmer...
Mmm, qu'est ce que ça me gonfle
Allez plus que 22mn à souffrir
Meueueuh non tu fais ta mauvaise tête, c'est passionnant...
Aie je me suis faite griller
Prends modèle sur Mr rikiki, regarde comme il est passionné...
Oui mais c'est plus facile pour lui c'est le chouchou de la classe
Je t'avouerai que j'ai complètement décroché...
Euh un peu pareil, je suis par bribes, je fais acte de présence quoi...
Mmm, bah alors il est - 4mn elle devrait partir!!
Allez c'est l'heure. Dommage il n'y a pas de sonnerie comme à l'école
Serait-il possible qu'elle envisage de faire des heures sup’?
Une première!!
Merci mon dieu mangez des pommes!! On va en finir
Ne vends pas la peau de l'ours...
Bon bah euh un petit remontant?
Un gros rikiki?
Oh Mme Marple!!!
C'est l'overdose qui guette...
Oui j'ai les yeux qui papillonnent, je me crois dans une boite de nuit
Dingue, on dirait que tu as été super concentrée tout le temps...!
Pfff on ne se moque pas
Je ne moque pas du tout, je suis admirative!!!
Admirative c'est cela!! j'en ai loupé la moitié et en plus à chaque fois que je décrochais Martine ou Charles me rappelait à l'ordre!!
Le vilain petit canard

samedi 3 mars 2007

Fight Club versus Ikéa


Une amie récemment me disait qu’elle était balancée entre la rébellion et le besoin d’équilibre. Comme si l’âge effaçait la folie vengeresse qui nous a habitée toute notre adolescence. C’est une part de soi qui s’efface au profit de la raison et des petits fours servis aux invités. Il reste que souvent l’on a envie de mettre un bâton de dynamite dans la soupière de la tante ou mettre le feu aux idées reçues. Le temps émousse la combativité, les années estompent les énormités du monde. Parfois il y a un sursaut de lucidité, ce moment où vous avez envie de partir élever des chèvres dans le Larzac en totale autarcie. Je ne sais pas comment entretenir cette flamme, cet instinct de révolte et de créativité qui m’habitait. Adolescente j’avais le sentiment d’avoir les yeux ouverts. Aujourd’hui je suis dans le coma. Je sais très bien comment me réveiller, mais serais-je adaptée au monde ?

Un héros

Les nuages décrivent des cercles dans le ciel, le vent hurle sa rage sans jamais l’assouvir, les ciels se superposent, il n’est pas loin : le héros ordinaire sortant des sentiers orageux. Une bouée de sauvetage dans le lavabo s’agite signifiant l’arrivée imminente du héros. Ce n’est pas dans les habitudes du héros de partager ses actes de bravoure, peut être qu’il lui semble anodin celui là. C’est un disque sans fin qui ne cesse de le tourmenter, une ritournelle tourterelle qui mêle enchantement et désappointement. Cette veuve éternelle à sauver, l’orphelin ignorant à révéler, juste de quoi nourrir le moulin du héros. Cette déshérence l’habite comme les vers truffent les pommes, ce n’est que justice et équité. Et pourtant beau héros, beau trouvé il ne lui reste que ce désir profond et bas qui lui travaille l’aine, l’unique tempête qu’il ne réussit pas à vaincre, la seule tourmente qu’il ne veut affronter.