mercredi 28 février 2007

Soldes


Je ne pourrais jamais être bien habillée, car je déteste les magasins. Pourquoi me faut-il des vêtements ? C’est pas comme si je passais l’entretien le plus important de ma vie vendredi (Oui d’accord ça n’est que le quatrième en 8 mois). Donc l’achat d’un simple chemisier devrait être une opération banale sans risque apparent. Mais c’est sans compter sur l’appétit féroce des harpies des soldes, créatures aux dents et griffes acérées qui vous piétinent avec leurs talons hauts, afin de sauter dans la première cabine d’essayage qui se libère. Je ne pensais pas perdre patience à ce point en attendant que ces pintades sur échasses daignent quitter ces cages à poules. Ah l’essayage, grand moment de solitude lorsque tu t’aperçois qu’il n’y a pas de glace dans la cabine et que tu es obligée de sortir devant tout le monde pour voir à quoi tu ressembles. Bien évidemment les gentils jeunes hommes accompagnant les glousseuses, te regardent et repèrent bien la cabine dans laquelle tu te déshabilles. Là tu deviens rouge pivoine tout en fulminant en tentant de sortir du chemisier dont tu as oublié d’ouvrir les boutons. La rage commence à t’envahir et tu sens que le chemisier va partir en lambeau. Le rideau qui occulte l’intérieur de la cabine bouge tu le sens et là tu as juste le temps de voir la tête d’un jeune homme qui vous dit « oups je me suis trompé de cabine »…Allez tu ne vas pas faire un scandale parce qu’il t’a vu en soutien-gorge, laisses lui le bénéfice du doute. Je sors me dirigeant vers la caisse en me disant que ce n’est pas mon jour. Je me fais envoler par des pré pubères surexcitées. Arrivée à la caisse une femme passe devant tout le monde. Le monde se ligue contre moi, jamais je suis condamnée à ressembler toute ma vie à une adolescente en jean. Je déteste les magasins.

Pot de sel


Allez aujourd’hui je décide de changer de métier : Je pourrai être contorsionniste (rêve de petite fille), mais à présent je suis trop vieille. Je pourrai être habilleuse musicale d’émissions nulles sur les chaines privées, mais bon j’avoue qu’il faut ne vraiment pas avoir honte de coller du post rock sur un docu-réalité relatant la déchéance sociale. Encore un autre : photographe alimentaire, j’aime bien le contact avec les aliments, ils sont là : ils sont. Ils ne crient pas, ils sont natures, pas d’exigence de star, je travaillerai là où la nourriture m’emportera, évidemment j’ai mes chouchous. Allez pour la peine voici ma première œuvre.